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Archives pour octobre 2010

Lâcher Prise…

Je ne savais pas trop ce que pouvait signifier cette expression jusqu’à lundi.
En ce moment je vais en séance à reculons voire à contre-coeur ! Lundi j’ai traîné, suis arrivée en retard et dans l’ascenseur je me trompai en appuyant sur le zéro (étage où j’étais déjà) au lieu d’appuyer sur le 1 (étage de mon analyste! ) et je ne comprenais même pas pourquoi l’ascenseur ne fonctionnait pas !
Alors j’en ai parlé en séance et j’ai fait le rapprochement avec ce sentiment que tout m’échappe en ce moment, et de ma façon de me laisser vivre en quelque sorte. J’ai évoqué aussi cet oubli ou plutôt cette négligence concernant ma demande de prêt. Alors que je suis secrétaire de mairie et donc aguerrie à la lecture des courriers et à la suite qu’il faut leur donner, j’ai survolé le courrier de l’assurance qui me demandait de renvoyer ma réponse avant le 21 octobre ! Je voyait bien qu’il était marqué « bon pour accord le… » mais T me disant que le banquier avait le même et qu’il était donc sans doute inutile de le renvoyer, je n’ai pas cherché plus loin ! Cela aurait pu avoir de graves conséquences. Heureusement nous avons eu une lettre de rappel et je me suis empressée de l’envoyer. Tout cela pour dire que je me repose sur lui, lui fait une entière confiance et je ne me reconnais plus dans cette façon de laisser le contrôle … L’anecdote de l’ascenseur tend aussi vers cela, le sentiment d’être un peu perdue, de ne pas savoir où j’en suis…de perdre le contrôle, la maîtrise. Mais après tout pourquoi pas, si cela reste dans la limite du raisonnable.


Finalement nous venons d’avoir la réponse ce matin même pour le prêt : c’est ok ! Heureusement car là aussi, faisant confiance à mon banquier et suivant l’optimisme de T, j’avais déjà envoyé ma lettre de résiliation de bail…

handicap…

Lundi en séance j’ai une fois de plus évoqué le handicap et la vision que les « valides » semblent avoir abstraitement de nous et de ce problème. Abstraitement parce que tant qu’on n’y est pas confronté pour soi même ou un proche, on peut difficilement s’en faire une idée.
Ces questions m’avaient déjà taraudée auparavant, et ma grossesse « à risque » réactive cela.
J’en discutais il y a peu  avec une amie handicapée elle aussi, et elle me disait qu’elle ne connaissait aucune personne handicapée qui aurait préféré ne pas naître. Moi non plus. Bien sur il y a parfois des moments de découragement, de désespoir aussi face à l’injustice ou à la solitude. L’idée d’en finir m’a parfois traversée, mais jamais le regret d’être née. Et finalement s’insinue en moi l’idée que le handicap gène plus les proches et la société en général, que la personne handicapée. Il y a d’abord la déception de ne pas avoir l’enfant parfait et qui satisfera nos rêves. Il y a ensuite la charge que représente le handicap, charge aggravée par l’inaccessibilité des lieux de vie (école, travail, transport…), le surcoût que cela représente et l’investissement affectif que cela suppose.
Quand on donne naissance à un enfant on souhaite pour lui le meilleur, une vie « normale » : études et travail pour l’autonomie, mariage puis enfants à son tour… Une vie remplie de joie, de découvertes, d’activités et d’amour…
Ne peut-on avoir cela lorsque l’on est handicapé ? Cela dépend bien sur du handicap. Mais qui peut préjuger de ce que sera la vie d’autrui. J’ai connu des handicapés qui avaient été condamnés à la naissance par les médecins à une vie sans autonomie et sans amour. Finalement ils ont pu suivre des études, avoir un travail et mener une vie quasiment normale !

J’avais entendu parler de ces parents qui avaient attaqué un hôpital parce que leur enfant, lourdement handicapé à la naissance et mort quasiment de suite, avait été ranimé … Ils avaient obtenu réparation et j’avais trouvé cela normal. Une loi pour éviter ce genre de dérive avait été promulguée. Mais d’autres parents avaient trouvé la parade pour être indemnisés de la naissance de leur enfant trisomique non diagnostiqué par la médecine, en attaquant par rapport au préjudice que subissaient les frères et soeurs ! Et cela remue des tas de questions éthiques. Verra-t-on dans l’avenir des enfants attaquer leur parents parce qu’ils sont quand même nés ou parce qu’ils leur ont donné un frère ou une soeur handicapé. Est-ce considéré comme une faute, un délit, de donner naissance à une personne handicapée ? Beaucoup d’implications découlent de ces tentatives de gagner de l’argent en profitant autant que possible d’une situation telle que celle-là…

Cette grossesse me fait vraiment m’interroger sur tout cela. Pourtant elle se passe bien et la dernière écho, passée lundi elle aussi, montre un bébé en pleine santé non atteint, pour l’instant, par mon handicap…

De tout…

Voilà, ça y est ! On a signé la demande de prêt pour la maison ! Deux semaines de retard  par rapport à ce que je pensais… On parle toujours de la lenteur administrative, mais c’est long aussi dans les banques… En fait cela a été retardé un peu à cause de moi, et surtout à cause des assurances ! Eh oui, ils n’aiment pas les gros et posent des questions complémentaires avec certificat médical à la clé ! Résultat : surcôte pour moi ! Enfin, elle est modérée et finalement la mensualité, assurance comprise, reste abordable. C’est la première fois que je suis concrêtement désavantagée par rapport à mon poids. J’en ai plus l’habitude concernant le handicap, mais là c’est clairement le risque « déces » qui est surcoté et non pas le risque « invalidité »… Je suis ainsi victime des statistiques et des probabilités. Je connais pourtant des « maigres » victimes d’AVC et des gros vivants bien et longtemps, mais c’est ainsi.

Sinon pour le reste tout va bien. Je suis moins indisposée par la grossesse…
Cette semaine j’ai rêvé que j’avais accouché … d’une petite fille ! Alors que cela serait plutôt un garçon… Elle était parfaite et avait les yeux noirs de son papa !  J’étais heureuse dans ce rêve et je me suis sentie désemparée lorsque je me suis éveillée ! J’avais l’impression de l’abandonner, de la perdre !
Le futur papa est de plus en plus prévenant et câlin. Il semble impatient et content d’être bientôt papa et s’amuse de voir mon ventre s’arrondir. En le voyant si tendre, je ne peux m’empêcher de penser à mon ex qui méprisait tant les femmes enceintes. Comment ai-je pu vivre avec cet homme si différent de moi, de mes rêves, de mes aspirations ? Je n’ai pas encore trouvé la réponse et je ne sais si je la trouverais un jour. De toute façon, cela n’a plus autant d’importance pour moi.

40 ans …

J’ ai, depuis hier, l’âge que je redoutais le plus : 40 ans ! Et oui, désolée pour ceux qui ont déjà dépassé cet âge, depuis longtemps ou non, mais il a toujours représenté pour moi la frontière entre la jeunesse et la vieillesse.
Puis finalement cet anniversaire est le plus bel anniversaire de ma vie. Pour la première fois je n’ai plus l’impression de gâcher ma vie. Je me sens bien, épanouie et je suis accompagnée par quelqu’un qui m’aime et que j’aime. Quelqu’un qui a les mêmes aspirations, les mêmes attentes, le même besoin d’amour et de tendresse, et qui a le même besoin de le montrer, de le partager chaque jour…

Hier, T. m’a fait une belle surprise. Il travaille du soir cette semaine et ne rentre que vers 21h30. Je ne l’attendais donc pas avant cette heure là, or, quand je suis rentrée, il était là à m’attendre ! Il avait pris une journée de congés pour être avec moi ! Il m’a offert une jolie bague puis m’a emmenée dans un restaurant chinois de sa ville. Deux heures de route aller retour rien que pour me faire plaisir. Je ne m’y attendais pas, mais plus que tout cela c’est d’être avec lui qui m’a rendue heureuse ! Comme me disait mon kiné mercredi, que vouloir de plus comme cadeau ? J’ai enfin trouvé la personne qui me correspond et j’ attend notre enfant…
Alors mes quarante ans, je les savoure au lieu de les redouter. Je suis enfin sereine, bien dans ma peau.

Merci la Vie, merci mon amour.

C’est la vie…

En ce moment c’est plutôt le calme plat ici, et pourtant il se passe des choses dans ma vie, mais j’ai parfois l’impression que cela n’est pas si interessant que cela à raconter.
Nous poursuivons nos recherches pour l’achat d’une maison et nous avons signé un compromis de vente pour une maison de plain pied avec 3 chambres et un bureau … T est tellement optimiste et confiant dans la vie, qu’il est certain que nous aurons d’autres enfants (au moins un de plus, voire deux). Je suis plus réservée pour ma part. J’ai fait d’autre recherches sur le net (je « psychotise » comme T me dit !) et je suis maintenant persuadée d’avoir 50 % de risque d’avoir un enfant handicapé. Mon cas ressemble quand même beaucoup à une mutation génétique « de novo » et le risque monte jusque là et à chaque grossesse. Or je ne me sens pas capable d’endurer l’angoisse de savoir s’il sera handicapé ou non une nouvelle fois. Et si le premier est handicapé, je n’aurais pas la force de m’occuper d’un second handicapé lui aussi. Enfin, nous n’en sommes pas là. Laissons le premier arriver, mais il me tarde d’être fixée ! Là aussi c’est l’attente, et son corrolaire l’angoisse, qui prédominent. D’après ce que j’en ai lu, le foetus peut avoir l’air normal et bouger normalement au début, puis vers 6 mois (voire plus tard) présenter des signes de régression… Pffffff! Pas de quoi me rassurer ! Finalement c’est peut-être cela l’enfer du « savoir » symbolisé par Eve et la pomme… Il y a vingt ans, ignorante je n’y aurais même pas songé, ou pas plus qu’un risque parmi d’autres, comme pour les autres femmes.
Si mes craintes étaient avérées, je vivrais cela comme une injustice de plus, comme un sale tour de plus que me jouerait la vie. Mais qui a dit que la Vie est juste ? 



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