handicap…

Lundi en séance j’ai une fois de plus évoqué le handicap et la vision que les « valides » semblent avoir abstraitement de nous et de ce problème. Abstraitement parce que tant qu’on n’y est pas confronté pour soi même ou un proche, on peut difficilement s’en faire une idée.
Ces questions m’avaient déjà taraudée auparavant, et ma grossesse « à risque » réactive cela.
J’en discutais il y a peu  avec une amie handicapée elle aussi, et elle me disait qu’elle ne connaissait aucune personne handicapée qui aurait préféré ne pas naître. Moi non plus. Bien sur il y a parfois des moments de découragement, de désespoir aussi face à l’injustice ou à la solitude. L’idée d’en finir m’a parfois traversée, mais jamais le regret d’être née. Et finalement s’insinue en moi l’idée que le handicap gène plus les proches et la société en général, que la personne handicapée. Il y a d’abord la déception de ne pas avoir l’enfant parfait et qui satisfera nos rêves. Il y a ensuite la charge que représente le handicap, charge aggravée par l’inaccessibilité des lieux de vie (école, travail, transport…), le surcoût que cela représente et l’investissement affectif que cela suppose.
Quand on donne naissance à un enfant on souhaite pour lui le meilleur, une vie « normale » : études et travail pour l’autonomie, mariage puis enfants à son tour… Une vie remplie de joie, de découvertes, d’activités et d’amour…
Ne peut-on avoir cela lorsque l’on est handicapé ? Cela dépend bien sur du handicap. Mais qui peut préjuger de ce que sera la vie d’autrui. J’ai connu des handicapés qui avaient été condamnés à la naissance par les médecins à une vie sans autonomie et sans amour. Finalement ils ont pu suivre des études, avoir un travail et mener une vie quasiment normale !

J’avais entendu parler de ces parents qui avaient attaqué un hôpital parce que leur enfant, lourdement handicapé à la naissance et mort quasiment de suite, avait été ranimé … Ils avaient obtenu réparation et j’avais trouvé cela normal. Une loi pour éviter ce genre de dérive avait été promulguée. Mais d’autres parents avaient trouvé la parade pour être indemnisés de la naissance de leur enfant trisomique non diagnostiqué par la médecine, en attaquant par rapport au préjudice que subissaient les frères et soeurs ! Et cela remue des tas de questions éthiques. Verra-t-on dans l’avenir des enfants attaquer leur parents parce qu’ils sont quand même nés ou parce qu’ils leur ont donné un frère ou une soeur handicapé. Est-ce considéré comme une faute, un délit, de donner naissance à une personne handicapée ? Beaucoup d’implications découlent de ces tentatives de gagner de l’argent en profitant autant que possible d’une situation telle que celle-là…

Cette grossesse me fait vraiment m’interroger sur tout cela. Pourtant elle se passe bien et la dernière écho, passée lundi elle aussi, montre un bébé en pleine santé non atteint, pour l’instant, par mon handicap…

0 commentaire à “handicap…”


  1. Aucun commentaire

Laisser un commentaire



ortorexico-boulimicus |
Love it,or leave it alOne |
le crocophilou |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | poèmes
| Hystoria...histoire de...
| Moi...Mes amis...Mes emmerd...