Archives pour la catégorie Bulles culturelles

Les petits mouchoirs

Je suis allée voir ce film dimanche dernier avec mon chéri et une amie. Nous l’avons diversement apprécié, T.  y étant peu sensible alors que mon amie et moi  avons versé quelques larmes…
J’ai aimé ce film qui alterne les moments drôles et les moments tristes, même si je ne me suis pas retrouvée dans ces personnages.

L’histoire :

Une bande d’ami se retrouve tous les ans au cap Feret pour quelques jours de vacances. Mais Ludo a un grave accident et se retrouve à l’hôpital entre la vie et la mort. Ses amis décident de partir quand même.

On suit alors les vacances de ces amis, entre fêtes, sorties, farces et surtout entre les mensonges, le paraître, et l’égoïsme qui soutend leur relation.

Seul Jean- Louis, leur ami ostréiculteur qu’ils retrouvent sur place, semble lucide sur ce qu’ils sont et leur manière d’être.


Mais leur réalité va tragiquement les rattrapper.

Film sur l’amitié, l’amour mais aussi et surtout sur la face cachée de chacun, le masque que l’on présente à l’autre et qui pervertit la relation… 

 

« Les Autres » d’Alice FERNEY

Les Autres - Alice FERNEY   Il y a bien longtemps que je n’ai partagé avec vous mes lectures, non que je ne lise plus, mais plutôt j’ai beaucoup de mal à terminer les romans que je commence. Voici un des romans entamés mais abandonné à la troisième partie: « Les autres » d’Alice FERNEY.

Le résumé :
Théo fête ce soir ses vingt ans, et rien ne devrait troubler ce moment de convivialité et de réjouissances. Rien sinon le jeu de société qu’il reçoit en cadeau, « Personnages et Caractère » qui se propose de dévoiler à chacun la façon dont les autres le perçoivent, et donc de remettre en cause l’idée qu’il se faisait à la fois de lui-même et de la force des sentiments réciproques l’attachant à ses proches. Au fil de la partie, le jeu devient le révélateur de secrets de famille jusqu’ici soigneusement occultés par la honte, la déception ou la souffrance et nul ne sortira indemne de cette soirée. L’occasion d’évoquer les liens de la fratrie, de l’amitié ou de l’amour naissant.

Ce livre se présente en trois parties, la première étant une succession de courts chapitres qui nous plonge dans la pensée de chacun à l’instant T, la seconde reprenant le fil de ce qui se passe mais au travers des mots, la troisième les mots rapportés. C’est assez original mais aussi déroutant au début.
J’ai bien aimé ce début où l’on est au coeur de ce que pense chacun à propos des autres et de soi, et aussi la seconde partie où la forme narrative plus accadémique nous plonge dans l’action en connaissant déjà les ressorts psychologiques des personnages. Par contre la lecture de la troisième partie m’a semblée un peu longue puisqu’on reprend là encore le même fil mais sous un nouvel angle.
Je dirais néanmoins qu’il est intéressant de le lire parce que la narration est originale.

La petite robe de Paul- Philippe Grimbert

philippegrimbertlapetiterobedepaul.jpgJe viens de lire ce roman,  premier du psychanalyste Philippe Grimbert.
L’histoire est simple et voici ce qu’en dit la quatrième de couverture :
« Alors qu’il se promène dans un quartier de Paris qui n’est pas le sien, Paul, la cinquantaine, marié, est irrésistiblement attiré par une petite robe blanche de fillette, exposé dans la vitrine d’un magasin. Cet innocent vêtement dont il a fait l’acquisition va se trouver à l’origine d’un véritable drame, précipitant ses acteurs aux limites de la déraison et de la mort. Dans la vie tranquille de Paul, cet achat impulsif, apparemment anodin, produit des effets dévastateurs au point d’amener Paul et sa femme Irène au bord du gouffre. De fil en aiguille, d’un petit mensonge par omission au réveil des vieux démons….. »
Ce roman porte dèjà en lui Le secret, avec les non dits, la souffrance enfouie, la méconnaissance de ses proches et l’ignorance de l’histoire familiale qui ressurgit pourtant chez les descendants…
Ce roman se lit rapidement. J’ai cependant été un peu déçue. Je suis restée sur ma soif, le secret du père étant à peine évoqué, ainsi que celui de l’épouse. De même je n’ai pas très bien saisi ce qui finalement avait poussé Paul à cet achat, si ce n’est, peut-être, que ce secret paternel faisait quand même partie de son inconscient… 

Shutter Island

 Le synopsis :

« En 1954, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l’île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. L’une des patientes, Rachel Solando, a inexplicablement disparu. Comment la meurtrière a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée de l’extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre cohérente d’une malade, ou cryptogramme ? »

Film oppressant, flippant aussi. Il pause la question de la folie et de la perception qu’on en a. J’étais surprise par la fin, même si on pressent un peu les choses.

J’ai bien aimé, mais je suis un très mauvais critique !

Le sari vert – Ananda DEVI

Un vieux médecin à l’agonie , le docteur Bissam, revient chez sa fille pour mourir en paix. Sa petite fille aussi est là, mais pas de paix pour cet homme dont la vie n’a été que haine pour les femmes en général et pour la sienne en particulier.
Sa fille et sa petite fille n’ont qu’un but: lui faire avouer son crime, c’est à dire avoir tué sa femme à force de brutalité, d’humiliation, de haine et de violence.
On entre dans la tête de cet homme ivre de violence et de haine pour les femmes, dont furent victimes sa femme mais aussi sa fille, humiliée, bafouée, rabaissée et dont la vie a été piétinée, méprisée par le « docktor dieu ».
Ananda Devi parvient à décrire cette violence « ordinaire » dont les femmes sont encore trop souvent victimes. On entre dans la tête et la folie de cet homme bien sous tout rapports et qui s’avère être un despote dans sa famille.
C’est parfois éprouvant à lire et on y reste pas indifférent et comme bien souvent lorsque je lis de tels romans, je me demande comment on peut à ce point créer un tel personnage, terrifiant parce qu’on se dit que cela existe, malheureusement.

Parce que c’est… lui ?

C’est tellement beau, j’adore cette chanson…Je me lève et je me couche avec elle…

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Si tu crois un jour qu’je t’laisserai tomber
Pour un détail pour une futilité
N’aie pas peur je saurais bien
Faire la différence
Si tu crains un jour qu’je t’laisserai fâner
La fin de l’été, un mauvais cap à passer
N’aie pas peur personne d’autre n’pourrait
Si facilement te remplacer
Oh non pas toi
Vraiment pas toi
Parce que c’est toi le seul à qui je peux dire
Qu’avec toi je n’ai plus peur de vieillir

Parce que c’est toi

Rien que pour ça
Parce que j’avoue j’suis pas non plus tentée
D’rester seule dans un monde insensé

Si tu crois un jour q’tout est à refaire
Qu’il faut changer; on était si bien naguère
N’aie pas peur je n’veux pas tout compliquer
Pourquoi s’fatiguer

Et commence pas à te cacher pour moi
Oh non, je te connais trop bien pour ça
Je connais par coeur ton visage
Tes désirs, ces endroits de ton corps
Qui m’disent encore

Parce que nous c’est fort

Parce que c’est toi j’oserais tout affronter
Et c’est toi à qui j’pourrais pardonner
Parce que c’est toi
Rien que pour ça

Parce que c’est toi j’voudrais un jour un enfant
Et non pas parce que c’est le moment

Parce que c’est toi
Je veux te voir dedans

J’verrais dans ses yeux tous ces petits défauts
Parce que parfait n’est plus mon créneau
Parce que c’est toi
Parce que c’est toi le seul à qui j’peux dire
Qu’avec toi je n’ai plus peur de vieillir
Parce que c’est toi
Rien que pour ça
Parce que j’avoue j’suis pas non plus tentée
D’rester seule dans un monde insensé
Parce que c’est toi

Axelle RED

Clair de femme – Romain Gary

4165gnwaydlsl500aa240.jpgDifficile de raconter ce grand roman. Clair de femme est le roman d’un amour désespéré.  C’est la rencontre de Michel et de Lydia tous deux ivres de malheur, de désespoir.
La femme de Michel se meurt en cette nuit et elle l’a prié de trouver une femme qui puisse être le réceptacle, « la cathédrale » de leur amour. Et il « tombe » littéralement sur Lydia, femme meutrie par la mort de sa petite fille et qui se sent coupable de ne plus aimer son mari, responsable de cette mort et incapable désormais de communiquer avec son entourage.
Ces deux êtres vont tenter de chasser leur démons en faisant l’amour, puis en errant à travers Paris, rencontrant des êtres tout aussi désespérés qu’eux : le Senor Galba, dresseur de chiens et de singes attaché à la vie à la mort à son caniche, Sonia belle-mère de Lydia qui se réalise dans le malheur, et Alain l’époux devenu aphasique …

Ce roman marque parce qu’il est un hymne à l’amour, mais aussi pour la poésie qui s’en dégage à chaque page, à chaque paragraphe, à chaque phrase.

Un extrait : Clair de Femme – Romain Gary

Autre extrait:
« Je crois que j’ai un coté canaille : j’ai encore envie d’être heureux. Evidemment, il y a l’épuisement, les nerfs qui craquent et… vous. Je ne sais pas ce que c’est la féminité. Peut-être est-ce seulement une façon d’être un homme. Mais un homme libre de femme, une femme libre d’homme soufflent dans leur moitié de vie jusqu’à ce que ça s’enfle et prenne toute la place. Le malheur fait bien sa propagande : indépendance, indépendance. Hommes, femmes, pays, nous avons été à ce point infectés d’indépendance que nous ne sommes même pas devenus indépendants : nous sommes devenus infects. Des histoires d’infirmes, de mutilés  qui se rattrapent : ils érigent l’infirmité et la mutilation en règle de vie. Bravo. Qu’on leur donne l’Ordre du mérite pour services rendus à la respiration artificielle. Nous avons  remporté déjà de tels triomphes contre la nature que l’on peut très bien décréter que l’asphyxie est la seule manière de respirer. La seule valeur humaine de l’indépendance est une valeur d’échange. Quand on garde l’indépendance pour soi tout seul, on pourrit  à la vitesse des années-solitude »

Bonne lecture…

L’empreinte de l’ange – Nancy Houston

L'empreinte de l'ange - Nancy Houston    Paris, 1957. Saffie, une jeune allemande, se présente chez Raphaël Lepage, flûtiste, pour une place de bonne. La jeune femme est mystérieuse, secrète. Elle est insensible au monde qui l’entoure et à l’amour que lui voue bientôt Raphaël. Ils se marient pourtant, ont très vite un fils, Emil,  mais rien ne semble animer Saffie, qui cache en elle un lourd passé lié à la guerre.
C’est la rencontre avec Andràs, un luthier juif hongrois  qui va la changer, la ramener à la vie. Elle découvre avec lui l’amour charnel, l’amour maternel et les sentiments.

Dès les premières lignes on a envie de comprendre pourquoi Saffie est si vide, si insensible au  monde. On pressent le malheur, le poids du passé. Et cette histoire d’amour entre un juif et une allemande douze ans seulement après la fin de la guerre est si inattendue, chacun cherchant à conjurer les fantômes du passé.

Nancy Houston, aborde ici les thèmes de l’enfance, de l’amour, de la blessure, du passé et de la guerre. Elle parvient, l’air de rien,  à faire un parallèle entre la  guerre d’Algérie et la seconde guerre mondiale, montrant que l’horreur  n’est pas seulement liée à un camp, qu’elle est partout et  fait des victimes des deux cotés; et que si on n’y prend pas garde, elle est prête à ressurgir.

Le Papillon

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Alphonse de Lamartine Nouvelles méditations poétiques

Méditation neuvième
Le Papillon

 ca4rhbya.jpg papillon283147.jpg ca8xe7w1.jpg papillon flambé

 

Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses 
ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté!
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté !

 

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J’adore cet insecte, le seul qui me fasse frissonner lorsque ses ailes me frôlent, le seul que je pourrais observer des heures sans m’ennuyer un instant.
Et tellement symbolique aussi ! Symbole de beauté, de renaissance, mais aussi de fragilité, de liberté. Se nourrir de nectare,  ne vivre que pour l’amour, et voler d’une fleur à l’autre sans se soucier de la mort si proche, si soudaine.  Il nous invite à vivre l’instant présent, sans nous poser de question, de jouir des plaisirs de la vie avant qu’il ne soit trop tard.

Mémoire de l’inhumain -Du Trauma à la créativité- de Sidney Stewart

J’aimerai partager avec vous cette lecture que je viens d’achever :

Mémoire de l'inhumain, du trauma à la créativité. Sidney Stewart. Mémoire de l’inhumain -Du Trauma à la créativité- de Sidney Stewart, éditions CampagnePremière.
Voici ce qui en est dit en 4ème de couverture:
 » Psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris, Sidney Stewart (1919-1998) fut, en 1942, l’un de ces jeunes combattants américain de la guerre du Pacifique faits prisonniers par l’armée japonaise. Pendant quatre ans, d’un camp à l’autre, des Philippines au Japon et en Corée, il a connu l’atrocité des privations et des humiliations, et le déchaînement d’une sauvagerie qui a pu conduire à l’animalité. Unique survivant de son camp, il écrivit, à son retour, Give Us This Day (Nous sommes restés des Hommes, publié ici en première partie) pour rendre hommage à ses compagnons de souffrance, « pour essayer de comprendre et de faire savoir comment les êtres humains s’efforcent de vivre et de survivre dans ces situations ihumaines extrèmes » (Joyce McDougall) et pour, grâce au récit – comme on le fait en analyse-, restituer à chacun sa part de subjectivité.
La seconde partie rassemble des articles tirés de sa pratique audacieuse avec des patients ayant, comme lui, vécu d’importants traumatismes. L’affrontement à la vérité ne s’est jamais séparé chez lui du besoin impérieux de sublimation, qu’il a manifesté dans ses  multiples activités d’artiste. »

Je voudrais juste ajouter que je ne suis généralement pas fan des témoignages sur la guerre, mais pour écrire ce récit il s’est posé la question de savoir pour qui il écrivait et a réinterprété, réorganisé certains souvenirs afin de répondre à cette question, n’hésitant pas à faire « disparaitre » des compagnons, mais intégrant leur histoire dans celle d’un autre, récréant ainsi des « personnages » de fictions. Ce qui déplace le témoignage vers la création littéraire (d’où je suppose, le sous titre).
Il s’agit d’un récit bouleversant, où il ne juge pas les « bourreaux » mais rend hommage à ses compagnons et sans patriotisme exacerbé. Comme toujours devant ce genre de témoignage je suis effarée de voir à quel point l’homme peut se montrer inhumain. En même temps cela donne quand même espoir parce que malgré tout certaines victimes s’en sortent, restent humaines et parviennent, parfois, à sublimer leur traumatisme. J’ai été très émue par ce récit.

La seconde partie est intéressante, un peu plus ardue pour une néophyte comme moi en psychanalyse, mais passionnante ! Il y aborde  trois exemples d’analysants qu’il a suivi, parlant autant de ses succès que de ses échecs. Dans une autre prtie il aborde le thème du fétichisme, qui peut en apprendre même à ceux qui ne le sont pas …

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