Archives pour la catégorie Au fil des pages

« Les Autres » d’Alice FERNEY

Les Autres - Alice FERNEY   Il y a bien longtemps que je n’ai partagé avec vous mes lectures, non que je ne lise plus, mais plutôt j’ai beaucoup de mal à terminer les romans que je commence. Voici un des romans entamés mais abandonné à la troisième partie: « Les autres » d’Alice FERNEY.

Le résumé :
Théo fête ce soir ses vingt ans, et rien ne devrait troubler ce moment de convivialité et de réjouissances. Rien sinon le jeu de société qu’il reçoit en cadeau, « Personnages et Caractère » qui se propose de dévoiler à chacun la façon dont les autres le perçoivent, et donc de remettre en cause l’idée qu’il se faisait à la fois de lui-même et de la force des sentiments réciproques l’attachant à ses proches. Au fil de la partie, le jeu devient le révélateur de secrets de famille jusqu’ici soigneusement occultés par la honte, la déception ou la souffrance et nul ne sortira indemne de cette soirée. L’occasion d’évoquer les liens de la fratrie, de l’amitié ou de l’amour naissant.

Ce livre se présente en trois parties, la première étant une succession de courts chapitres qui nous plonge dans la pensée de chacun à l’instant T, la seconde reprenant le fil de ce qui se passe mais au travers des mots, la troisième les mots rapportés. C’est assez original mais aussi déroutant au début.
J’ai bien aimé ce début où l’on est au coeur de ce que pense chacun à propos des autres et de soi, et aussi la seconde partie où la forme narrative plus accadémique nous plonge dans l’action en connaissant déjà les ressorts psychologiques des personnages. Par contre la lecture de la troisième partie m’a semblée un peu longue puisqu’on reprend là encore le même fil mais sous un nouvel angle.
Je dirais néanmoins qu’il est intéressant de le lire parce que la narration est originale.

La petite robe de Paul- Philippe Grimbert

philippegrimbertlapetiterobedepaul.jpgJe viens de lire ce roman,  premier du psychanalyste Philippe Grimbert.
L’histoire est simple et voici ce qu’en dit la quatrième de couverture :
« Alors qu’il se promène dans un quartier de Paris qui n’est pas le sien, Paul, la cinquantaine, marié, est irrésistiblement attiré par une petite robe blanche de fillette, exposé dans la vitrine d’un magasin. Cet innocent vêtement dont il a fait l’acquisition va se trouver à l’origine d’un véritable drame, précipitant ses acteurs aux limites de la déraison et de la mort. Dans la vie tranquille de Paul, cet achat impulsif, apparemment anodin, produit des effets dévastateurs au point d’amener Paul et sa femme Irène au bord du gouffre. De fil en aiguille, d’un petit mensonge par omission au réveil des vieux démons….. »
Ce roman porte dèjà en lui Le secret, avec les non dits, la souffrance enfouie, la méconnaissance de ses proches et l’ignorance de l’histoire familiale qui ressurgit pourtant chez les descendants…
Ce roman se lit rapidement. J’ai cependant été un peu déçue. Je suis restée sur ma soif, le secret du père étant à peine évoqué, ainsi que celui de l’épouse. De même je n’ai pas très bien saisi ce qui finalement avait poussé Paul à cet achat, si ce n’est, peut-être, que ce secret paternel faisait quand même partie de son inconscient… 

Le sari vert – Ananda DEVI

Un vieux médecin à l’agonie , le docteur Bissam, revient chez sa fille pour mourir en paix. Sa petite fille aussi est là, mais pas de paix pour cet homme dont la vie n’a été que haine pour les femmes en général et pour la sienne en particulier.
Sa fille et sa petite fille n’ont qu’un but: lui faire avouer son crime, c’est à dire avoir tué sa femme à force de brutalité, d’humiliation, de haine et de violence.
On entre dans la tête de cet homme ivre de violence et de haine pour les femmes, dont furent victimes sa femme mais aussi sa fille, humiliée, bafouée, rabaissée et dont la vie a été piétinée, méprisée par le « docktor dieu ».
Ananda Devi parvient à décrire cette violence « ordinaire » dont les femmes sont encore trop souvent victimes. On entre dans la tête et la folie de cet homme bien sous tout rapports et qui s’avère être un despote dans sa famille.
C’est parfois éprouvant à lire et on y reste pas indifférent et comme bien souvent lorsque je lis de tels romans, je me demande comment on peut à ce point créer un tel personnage, terrifiant parce qu’on se dit que cela existe, malheureusement.

Clair de femme – Romain Gary

4165gnwaydlsl500aa240.jpgDifficile de raconter ce grand roman. Clair de femme est le roman d’un amour désespéré.  C’est la rencontre de Michel et de Lydia tous deux ivres de malheur, de désespoir.
La femme de Michel se meurt en cette nuit et elle l’a prié de trouver une femme qui puisse être le réceptacle, « la cathédrale » de leur amour. Et il « tombe » littéralement sur Lydia, femme meutrie par la mort de sa petite fille et qui se sent coupable de ne plus aimer son mari, responsable de cette mort et incapable désormais de communiquer avec son entourage.
Ces deux êtres vont tenter de chasser leur démons en faisant l’amour, puis en errant à travers Paris, rencontrant des êtres tout aussi désespérés qu’eux : le Senor Galba, dresseur de chiens et de singes attaché à la vie à la mort à son caniche, Sonia belle-mère de Lydia qui se réalise dans le malheur, et Alain l’époux devenu aphasique …

Ce roman marque parce qu’il est un hymne à l’amour, mais aussi pour la poésie qui s’en dégage à chaque page, à chaque paragraphe, à chaque phrase.

Un extrait : Clair de Femme – Romain Gary

Autre extrait:
« Je crois que j’ai un coté canaille : j’ai encore envie d’être heureux. Evidemment, il y a l’épuisement, les nerfs qui craquent et… vous. Je ne sais pas ce que c’est la féminité. Peut-être est-ce seulement une façon d’être un homme. Mais un homme libre de femme, une femme libre d’homme soufflent dans leur moitié de vie jusqu’à ce que ça s’enfle et prenne toute la place. Le malheur fait bien sa propagande : indépendance, indépendance. Hommes, femmes, pays, nous avons été à ce point infectés d’indépendance que nous ne sommes même pas devenus indépendants : nous sommes devenus infects. Des histoires d’infirmes, de mutilés  qui se rattrapent : ils érigent l’infirmité et la mutilation en règle de vie. Bravo. Qu’on leur donne l’Ordre du mérite pour services rendus à la respiration artificielle. Nous avons  remporté déjà de tels triomphes contre la nature que l’on peut très bien décréter que l’asphyxie est la seule manière de respirer. La seule valeur humaine de l’indépendance est une valeur d’échange. Quand on garde l’indépendance pour soi tout seul, on pourrit  à la vitesse des années-solitude »

Bonne lecture…

L’empreinte de l’ange – Nancy Houston

L'empreinte de l'ange - Nancy Houston    Paris, 1957. Saffie, une jeune allemande, se présente chez Raphaël Lepage, flûtiste, pour une place de bonne. La jeune femme est mystérieuse, secrète. Elle est insensible au monde qui l’entoure et à l’amour que lui voue bientôt Raphaël. Ils se marient pourtant, ont très vite un fils, Emil,  mais rien ne semble animer Saffie, qui cache en elle un lourd passé lié à la guerre.
C’est la rencontre avec Andràs, un luthier juif hongrois  qui va la changer, la ramener à la vie. Elle découvre avec lui l’amour charnel, l’amour maternel et les sentiments.

Dès les premières lignes on a envie de comprendre pourquoi Saffie est si vide, si insensible au  monde. On pressent le malheur, le poids du passé. Et cette histoire d’amour entre un juif et une allemande douze ans seulement après la fin de la guerre est si inattendue, chacun cherchant à conjurer les fantômes du passé.

Nancy Houston, aborde ici les thèmes de l’enfance, de l’amour, de la blessure, du passé et de la guerre. Elle parvient, l’air de rien,  à faire un parallèle entre la  guerre d’Algérie et la seconde guerre mondiale, montrant que l’horreur  n’est pas seulement liée à un camp, qu’elle est partout et  fait des victimes des deux cotés; et que si on n’y prend pas garde, elle est prête à ressurgir.

Mémoire de l’inhumain -Du Trauma à la créativité- de Sidney Stewart

J’aimerai partager avec vous cette lecture que je viens d’achever :

Mémoire de l'inhumain, du trauma à la créativité. Sidney Stewart. Mémoire de l’inhumain -Du Trauma à la créativité- de Sidney Stewart, éditions CampagnePremière.
Voici ce qui en est dit en 4ème de couverture:
 » Psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris, Sidney Stewart (1919-1998) fut, en 1942, l’un de ces jeunes combattants américain de la guerre du Pacifique faits prisonniers par l’armée japonaise. Pendant quatre ans, d’un camp à l’autre, des Philippines au Japon et en Corée, il a connu l’atrocité des privations et des humiliations, et le déchaînement d’une sauvagerie qui a pu conduire à l’animalité. Unique survivant de son camp, il écrivit, à son retour, Give Us This Day (Nous sommes restés des Hommes, publié ici en première partie) pour rendre hommage à ses compagnons de souffrance, « pour essayer de comprendre et de faire savoir comment les êtres humains s’efforcent de vivre et de survivre dans ces situations ihumaines extrèmes » (Joyce McDougall) et pour, grâce au récit – comme on le fait en analyse-, restituer à chacun sa part de subjectivité.
La seconde partie rassemble des articles tirés de sa pratique audacieuse avec des patients ayant, comme lui, vécu d’importants traumatismes. L’affrontement à la vérité ne s’est jamais séparé chez lui du besoin impérieux de sublimation, qu’il a manifesté dans ses  multiples activités d’artiste. »

Je voudrais juste ajouter que je ne suis généralement pas fan des témoignages sur la guerre, mais pour écrire ce récit il s’est posé la question de savoir pour qui il écrivait et a réinterprété, réorganisé certains souvenirs afin de répondre à cette question, n’hésitant pas à faire « disparaitre » des compagnons, mais intégrant leur histoire dans celle d’un autre, récréant ainsi des « personnages » de fictions. Ce qui déplace le témoignage vers la création littéraire (d’où je suppose, le sous titre).
Il s’agit d’un récit bouleversant, où il ne juge pas les « bourreaux » mais rend hommage à ses compagnons et sans patriotisme exacerbé. Comme toujours devant ce genre de témoignage je suis effarée de voir à quel point l’homme peut se montrer inhumain. En même temps cela donne quand même espoir parce que malgré tout certaines victimes s’en sortent, restent humaines et parviennent, parfois, à sublimer leur traumatisme. J’ai été très émue par ce récit.

La seconde partie est intéressante, un peu plus ardue pour une néophyte comme moi en psychanalyse, mais passionnante ! Il y aborde  trois exemples d’analysants qu’il a suivi, parlant autant de ses succès que de ses échecs. Dans une autre prtie il aborde le thème du fétichisme, qui peut en apprendre même à ceux qui ne le sont pas …

Deux jours à tuer – François d’Epenoux

Deux jours à tuer- François d'Epenoux          »Deux jours à tuer » ou deux jours pour saccager sa vie…  Mais qu’est-ce qui pousse cet homme qui a tout pour être heureux – femme ravissante et aimante, enfants qu’il adore, des amis fidèles, un bon cadre de vie – à tout détruire en l’espace d’un week-end, celui de son anniversaire ?  Est-ce l’amour pour Marion, un amour d’enfance retrouvé ? Est-ce la fameuse crise de la quarantaine, qui remet la vie de chacun en question? Ou est-ce l’araignée qu’il nourrit en lui depuis l’enfance et dont il sait qu’un choc violent peut la réveiller ?

Il passe ces deux jours à détruire consciencieusement, presque avec méthode, tout ce qui fait son bonheur,  faisant  souffrir ses proches mais aussi lui-même. C’est une histoire d’amour fou, d’un homme sans demi mesure, sans compromis .  

Roman surprenant, qu’on ne lâche plus une fois commencé parce que deux questions nous taraudent : pourquoi  et comment peut on en arriver à cette extrémité. 
Mis en images par le cinéaste Jean Becker en 2008, avec Albert Dupontel dans le rôle de ce quadragénaire au bord de la rupture.

Au coeur de ce Pays -JM COETZEE

 

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C’est le long monologue  de Magda, la fille d’un propriétaire terrien dans le veld Sud-africain, au milieu de nullepart. Elle y vit avec son père et quelques domestiques, dont  Hendrik et sa jeune femme Anna. 

Dans ce pays dur et arride, elle est seule et sans amour.  Elle souffre de cette solitude écrasante et de n’être pas aimée, désirée, désirable. Elle crève d’amour et de désir pour le seul être qui soit près d’elle : son père. Un amour qui va la conduire à la folie.

C’est un long cri de haine et de violence, mais surtout un long chant d’amour pour son père et ce pays. Un monologue halluciné ou l’on se perd parfois comme la narratrice entre fantasme, délire et réalité.

Ce roman je l’ai lu en deux temps, tant il est âpre et difficile, mais si beau !



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