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J’avais envie d’écrire une page réservée à ce sujet, parce que c’est cela qui m’a amenée peu à peu à la psychanalyse.

Depuis toute petite je souffre de supoids, que j’ai réussi à « contenir » au prix de nombreux régimes et autres diètes. Sachant que l’effet yoyo n’est pas une invention des magazines, qu’il existe bel et bien et que chaque gramme perdu, est vite repris avec un petit supplément qui amène d’abord au surpoids simple, puis plus grave puis à l’obésité.
Certains ignorants du problème doivent se dire qu’il suffit d’un peu de volonté, comme d’arrêter de fumer par exemple. Oui sauf qu’il n’est pas vital de fumer pour vivre, alors que manger fait partie des besoins vitaux qui en plus procurent un certain plaisir, comme celui de se reproduire procure le plaisir charnel.
Irais-je jusqu’à dire que l’obèse est à la nourriture ce que la nymphomane est à l’amour ? Je crois qu’il y a de ça. Une demande de plaisir qui ne peut être satisfaite, insatiable, mais que l’on cherche néanmoins à satisfaire, sans jamais y parvenir et en se dévalorisant de le faire. Car il n’est pas aisé de vivre dans nos sociétés où l’on est méprisé pour quelques kilos de trop, où seule l’apparence compte, et où l’on passe pour moins que rien si on ne se contrôle pas.

La régulation alimentaire procède d’un autre point de vue. Il ne s’agit plus de faire un énième régime voué à l’échec, mais plutôt de s’écouter, de repérer ses sensations de faim et de satiété, en mangeant ce qui fait plaisir. Le corps étant capable de réguler lui-même ses besoins et faire comprendre quand il a besoin et de quoi, un peu comme la future maman sent ce dont a besoin son bébé à naître. Pour plus d’explications on peut se référer aux ouvrages des docteurs Apfeldorfer ou Zermati ou aller chiner quelques info sur leur site.
Cette démarche parait simple et pleine de bon sens. Elle rejoint ce que certains médecins de campagne conseillaient déjà il y a des années, avant que la nutrition ne passe par là : « pour perdre du poids il faut diminuer sa ration, et non pas manger plus de ceci ou moins de cela ».
Sauf qu’il n’est pas si simple de s’arrêter de manger quand on a plus faim si cet acte recouvre d’autres choses plus souterraines, plus inconscientes. Je ne mange pas seulement pour me nourrir, mais pour me faire plaisir, calmer une angoisse, ou au contraire partager un moment convivial (le seul parfois), faire plaisir aux autres (mère, conjoint, famille, amis…), et parfois aussi pour d’autres raisons dont je n’ai même pas conscience.
La thérapie comportementale est sans doute adaptée à ceux qui ont des automatismes, et des croyances autour de la nourriture. Par exemple  finir son assiette pour ne pas jeter la nourriture, réapprendre à manger des aliments devenus tabous, ou au contraire désacraliser des aliments portés aux nues… Mais pour ma part, j’en étais arrivée à tout savoir, ne plus avoir  ce genre de croyances et pourtant ne pas y arriver et  voir mon symptôme évoluer en autre chose, non plus tourné vers la nourriture -quoique cela reste malgré tout mon domaine de prédilection- mais vers autre chose qui m’est étranger, une sorte de somatisation de certains problèmes.
Tout ceci est trop profondément ancré en moi pour m’en débarrasser juste grace à quelques recettes à appliquer, quelques tours de passe passe. J’ai connu des personnes qui ont réglé leur problème alimentaire en appliquant ces conseils, en se contrôlant, mais devenir méchantes et acariatres, est-ce là le prix à payer ?
Non, je préfere prendre le problème autrement, quitte à ce qu’un jour je me rende compte que finalement cela me convient ainsi et que rien ne doit changer. Seule la psychanalyse m’amènera à cela je crois, à m’accepter moi-même avec un mode de fonctionnement qui m’est propre.

2 commentaires à “La régulation alimentaire”


  1. 0 V. 17 nov 2009 à 15:37

    Je suis « boulimique-vomisseuse »… Il m’a fallu des années pour réussir à écrire cela.C’est tellement facile à cacher. ( Mon trouble est différent du votre. Je n’ai pas à proprement parler des problèmes de poids.)

     » en se contrôlant »: par expérience, je crois qu’il n’y a rien de plus dangereux que d’être dans le controle…

    Apprendre à s’aimer, à s’accepter ..c’est une sacrée aventure.
    Je vous souhaite , sincèrement, d’y arriver.

  2. 1 papillon23 18 nov 2009 à 12:56

    Oui, il faut des années pour s’accepter et accepter de dire les choses.
    En ce qui me concerne j’ai du mal à parler de mon handicap, de mon obésité, quoique mon entourage semble surpris lorsque j’emploi ce terme à mon encontre, preuve qu’il y a peut-être distorsion entre ma perception de moi-même et celle que les autres ont de moi, mais la balance est infaillible à ce jeu.

    Quant au contrôle, pour moi c’est illusoire, ça n’a jamais fonctionné. Alternance de périodes de contrôle puis de dérapages, à la différence avec une boulimique vomisseuse, je ne vomis pas. J’ai bien été tentée, lassée de réduire à néant les efforts d’une journée en si peu de temps, mais je n’y arrive pas sur le long terme.

    Aujourd’hui j’ai réussi à faire la paix avec la nourriture qui n’est pas mon ennemie. Reste à faire la paix avec moi-même et cet inconscient… j’y travaille !

    Merci pour ces pensées positives et j’espère à bientôt.

    Papillon

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