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Déception.

C’est le sentiment qui m’habite aujourd’hui.
Je rentre d’un week-end prolongé où j’ai pensé à beaucoup de choses dont je souhaitais parler ce soir en analyse. Or hier je consulte ma messagerie et là il m’annonce dans un  message que notre rendez-vous  est annulé.

Difficile ressenti pour ne pas dire ressentiment. J’avais « quitté » mon Dr à cause (entre autre) de ce sentiment de n’être pas grand chose pour lui, à part une patiente parmi d’autres, et qu’il se fichait bien de savoir si je survivais sans lui. Et là, rebelote ! En même temps consciemment je sais que c’est normal, que je vis là une frustration, et que cela me remet à ma place d’une parmi tant d’autres… Il y a surement quelque chose d’infantile là dessous à retrouver, sans doute quelque chose à analyser, mais pour l’instant après le désespoir, c’est la déception qui m’habite. Au point que je doute d’y aller lundi.
Mais lundi, c’est encore loin, je verrai bien à ce moment là…                                  Cap Ferret- septembre 2009                 

Apaisement

Hier j’avais de nouveau séance.
Et cette fois nous avons commencé le « travail analytique », pas encore sur le divan, mais je pouvais parler de ce dont je voulais, sans obligation, sans censure non plus. Et c’est curieux comme sensation. Alors que dans la vie on est sans cesse obligé d’ordonner ses pensées, ne pas dévier du sujet, ne pas se perdre dans les méandres, là c’était tout le contraire !

J’ai retrouvé un peu ce que je faisais avec mon Dr, sauf que là il ne commentait pas, ne cherchait pas à expliquer. Cela fut à la fois destabilisant car je recherche souvent l’assentiment des autres, mais aussi libérateur de pouvoir parler ainsi, sans restriction, et sans obligation non plus, si ce n’est celle de tout dire. Et je me suis sentie apaisée en ressortant.
En psychothérapie je me sentais obligée -peut-être à tort- d’aborder  les sujets qui fachent avec mon thérapeute. Peut-être parce que comme il s’agissait d’un médecin, j’étais remboursée par la sécu. Je ressentais alors comme une obligation de résultat ! Il me fallait aller à l’essentiel, ce qui laisse peu de place à l’inconscient. Cela forçait un peu les choses. Cela n’est pas forcément négatif, je me suis avoué beaucoup de choses à ce moment là, mais c’est différent.

 Au début de la séance, mon psy ne voulait toujours pas se prononcer sur la suite -analyse ou thérapie- puis à la fin, alors que je lui avais fait part de mes doutes quant à ma démarche, il a dit qu’il y avait quelque chose à analyser. Cela peut paraître idiot, mais cela m’a fait du bien qu’il me le dise, comme si c’était la preuve que je ne me faisais pas du cinéma, que j’en avais vraiment besoin, et cela me donne aussi l’espoir d’un mieux être …

Solitude

Il y a quelques temps j’ai participé  à un atelier d’écriture. L’exercice consistait à  trouver des mots autour d’un mot directeur, reflet de notre état d’esprit. Le mot qui me parlait à ce moment là était « solitude » et j’écrivis ceci :

Je vais seule dans la vie comme une île oubliée
Encerclée de pensées tristes et amères.
Libre mais désespérée, libre mais tétanisée,
Je perds peu à peu mon unité.
Je réalise mon ignorance.
J’ai saccagé ma vie pour doucement m’endormir dans les bras de Thanatos.

J’ai un peu changé depuis, même si la solitude me pèse encore. Eros et Thanatos

Le serpent

C’est ainsi que j’appelle ces pensées qui s’insinuent en moi, pensées noires, destructrices. Il arrive, je ne sais ni comment ni pourquoi. J’ai cru un moment qu’il sagissait de désoeuvrement, d’ennui et qu’il me suffisait de m’occuper l’esprit.

Mais non, il rampe peu à peu, m’atteint et s’immisce en moi jusqu’à me faire mal. Il me renvoie à mon vide intérieur, ce vide intersidéral que j’essaye de remplir comme je peux. Je deviens alors boulimique de nourritures terrestres mais aussi intellectuelles. Je me remplis des mots des autres, de leur musique, de leur histoire jusqu’à m’oublier pour faire taire le serpent. Et lorsqu’il vainc, je pense à manger. Je ne mange pas à m’en faire éclater le ventre. Non, il s’agit plutôt de seulement penser pendant de longues minutes à ce que je vais manger, le temps que cela prendra à le préparer (il faut que cela aille vite), le plaisir que j’aurais à le manger… Mon esprit tourne autour de cela. Je me retrouve alors prisonnière de cette pensée que je tourne et retourne sans cesse. Puis au bout de quelques longues minutes (jusqu’à une heure parfois à combattre), je passe à l’action, je prépare, j’engloutis et je me désole d’être si faible, d’être détestable, d’avoir si peu de volonté. Et le serpent gagne encore ! J’en suis tellement malheureuse après. Comment ne pas me déprécier, me détester, me mépriser ?

Esteban MAROTO-  Fée et serpent J’ai lu ici et là que l’on trouvait la jouisssance dans le symptôme, et que c’est ce qui empèche parfois de vraiment vouloir en guérir, et pourtant je ne ressens plus  aucun plaisir, juste le désespoir.

 

Quand le doute s’installe …

Le doute - pastel de Sabine Germanier   Depuis quelques temps le doute s’est installé dans mon esprit. Et si je n’avais pas besoin de ça ? De ces visites hebdomadaires, de parler ainsi à un inconnu, de remettre ma vie à plat, de chercher ce qui ne va pas … quand tout semble aller bien. Car c’est vrai que depuis quelques temps je vais plutôt bien. Pas de crises d’angoisse, pas de pleurs seule chez moi, rien. Même la perspective de passer une semaine sans le soutien de mon amie (qui part en vacances) ne m’effraie pas trop. Peut-être que ma psychothérapie porte ses fruits et que je n’ai plus besoin de me torturer les méninges pour être bien ?

Oui, sauf que parfois ça va mal, sans que je sache pourquoi. Et même quand j’étais en couple cela m’arrivait, ce n’est donc pas un gage pour moi de mieux être. Au contraire. Car à vouloir m’étourdir par mes sorties, mes amies, mes amours, j’en oublie l’essentiel : je m’oublie moi !

Mon petit docteur me manque tout de même ! Après  l’avoir eu auprès de moi pendant un an pour décortiquer chaque chose  qui m’arrivait, chaque parole qui m’était dite, chaque sentiment qui m’effrayait, je me sens un peu seule. D’autant qu’avec ce nouveau psy, nous en sommes encore à la découverte, à l’apprivoisement, à la mise en confiance. Finalement ce changement n’est-il pas  une sorte de résistance à l’analyse ? De même peut-être que mes interrogations sans fin …

Au coeur de ce Pays -JM COETZEE

 

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C’est le long monologue  de Magda, la fille d’un propriétaire terrien dans le veld Sud-africain, au milieu de nullepart. Elle y vit avec son père et quelques domestiques, dont  Hendrik et sa jeune femme Anna. 

Dans ce pays dur et arride, elle est seule et sans amour.  Elle souffre de cette solitude écrasante et de n’être pas aimée, désirée, désirable. Elle crève d’amour et de désir pour le seul être qui soit près d’elle : son père. Un amour qui va la conduire à la folie.

C’est un long cri de haine et de violence, mais surtout un long chant d’amour pour son père et ce pays. Un monologue halluciné ou l’on se perd parfois comme la narratrice entre fantasme, délire et réalité.

Ce roman je l’ai lu en deux temps, tant il est âpre et difficile, mais si beau !

Demain …la suite !

Nu au divan- Henri MONTASSIER    Demain est un jour important pour moi.  J’ai de nouveau rendez vous avec mon psy.
La première rencontre a eu lieu la semaine dernière.
Cela faisait un an que j’étais en psychothérapie analytique avec un psychiatre. Cette thérapie m’a beaucoup aidée, notamment à reprendre confiance en moi, en mon jugement, et à dépasser certaines peurs comme de quitter mon compagnon.
Cependant j’étais insatisfaite de la tournure que prenaient nos séances. Une phrase surtout m’a fait réagir : « il vous faut vous réapproprier le bonheur »! Ah et comment fait-on docteur ? En sachant ce que l’on veut, en se faisant plaisir !

Oui, sauf que je ne sais même pas ce que je veux, et que mon plaisir je n’arrive pas à l’atteindre, même en faisant ce qu’il faut. Alors je me suis dit qu’il y avait peut-être des causes plus profondes, moins évidentes, plus inconscientes.
Et lundi dernier me voilà  dans le cabinet de ce nouveau psy ! Non plus psychiatre, après tout je ne suis pas malade,  mais un psychanalyste !

La transition est plutôt douce. Il m’accueille dans le couloir, me fait entrer dans son cabinet, me fait assoir puis s’assied en face de moi. Pas de bureau pour nous séparer, l’endroit est coquet et chaleureux, comme son hôte semble l’être.  Il est dans un fauteuil face à moi et à sa droite : LE divan. Je jette un coup d’oeil, m’apperçois qu’il n’y a qu’un coussin, mais qu’il a déposé une serviette en papier à l’endroit de la tête… Ce divan m’attire et en même temps me fait une drôle d’impression.
Il m’interroge, histoire de mieux me connaître et saisir (ou tenter de saisir) quelle est ma demande, mon motif de consultation. Je ne sais pourquoi il me fait penser à mon grand’père, l’homme qui m’a élevée et que je considère comme mon père. Pourtant il semble plus souriant, plus chaleureux … Sans doute quelque chose à creuser là. Mais au moins le transfert semble se faire. Tant mieux ! J’attends la suite avec impatience !

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